Les troubles musculo-squelettiques représentent un enjeu social et économique capital, aussi bien pour la santé des travailleurs que pour la performance des entreprises. Face à des pathologies qui constituent la première cause de maladie professionnelle en France, des entreprises s’engagent avec succès dans des démarches de prévention pour éliminer les risques auxquels sont exposés les travailleurs. Une mobilisation qui prend de l’ampleur, soutenue par la troisième étape d’une campagne de communication pluriannuelle qui sera lancée par le ministère du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique le 19 avril 2010. Les deux premières étapes ont permis une prise de conscience des TMS dans les entreprises et la troisième étape de cette campagne de communication doit favoriser la mise en œuvre effective de plan de prévention dans les entreprises.
Selon une étude de l’agence européenne pour la sécurité et la santé au travail réalisée en 2007, un quart des travailleurs européens se plaignent de maux de dos et 23 % de douleurs musculaires. Des troubles musculo-squelettiques trop souvent sous-estimés qui constituent pourtant une réalité sociale et économique incontournable.

Directement liés à des conditions de travail n’ayant pas assez intégré les principes de prévention en amont, les TMS se traduisent par des douleurs qui peuvent devenir invalidantes et conduire à des incapacités de travail. Ils affectent directement les muscles, les tendons et les nerfs pour prendre par exemple la forme de douleurs au poignet (canal carpien) ou de douleurs dorsales (lombalgies). Les TMS touchent presque toutes les professions et les entreprises de toute taille. Les secteurs d’activité principalement touchés sont l’industrie agroalimentaire, la grande distribution, le BTP, les services aux personnes.
En France, les TMS représentent 95% des maladies professionnelles (avec ou sans arrêt de travail) reconnues pour les salariés agricoles et 81% pour les actifs du régime général.
– En 2008, 36926 nouveaux TMS indemnisés pour les actifs du régime général et 3255 pour les salariés du régime agricole.
– Le nombre de nouveaux cas de TMS indemnisés s’accroit d’environ 13% par an depuis 1995.
– L’indemnisation des TMS en 2008 a engendré la perte de 8,4 millions de journées de travail.
– Elle pèse pour 787 millions d’euros de frais couverts par les cotisations des entreprises pour les actifs du régime général et environ 60 millions d’euros pour les actifs agricoles.
– Pour les actifs du régime général, le coût des TMS représentent environ 40% du coût total des MP (avec ou sans arrêt de travail). Le coût moyen d’un TMS est estimé à 21300€
– Pour les actifs du régime agricole (RA), le coût des TMS représentent 89% du coût total des MP (avec ou sans arrêt de travail). Le coût moyen d’un TMS est estimé à 18400€

Gagner contre les TMS et les dysfonctionnements ne peut être une opération ponctuelle pour les entreprises. L’implication forte et durable tant de la direction de l’entreprise que des représentants des salariés est indispensable pour assurer une prévention efficace. C’est en évaluant les risques professionnels liés à la survenue de TMS qu’il devient possible de construire un plan d’action adapté.
Aujourd’hui, des solutions existent et peuvent aider l’entreprise à établir un premier diagnostic afin de prendre les mesures nécessaires. En mettant en lien la santé des salariés, leurs itinéraires professionnels et les contraintes de travail, le médecin, l’intervenant en prévention des risques professionnels (IPRP) et les acteurs de l’entreprise interne et externe, vont ensemble identifier les causes et suggérer des actions pour lever les difficultés. Des institutions de prévention (CRAM, MSA, ARACT et OPPBTP) peuvent également aider l’entreprise à structurer sa démarche.
Cette nouvelle campagne est le troisième volet d’une campagne de sensibilisation et de prévention menée plus globalement depuis avril 2008 en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, la CNAMTS, la CCMSA, l’ANACT, l’INRS et l’OPPBTP. Les deux premiers volets de cette campagne ont ainsi permis de sensibiliser le grand public, les salariés et les chefs d’entreprises à l’enjeu économique et humain que représentent les troubles musculo-squelettiques, et d’inciter ces derniers à engager des actions de prévention. Sous le titre « Mettre fin aux Troubles Musculo-Squelettiques dans votre entreprise, c’est possible », son objectif est de soutenir et d’accélérer les démarches engagées par les entreprises dans la lutte contre les troubles musculo-squelettiques. Elle démarrera à partir du 19 avril par une campagne presse dans la presse professionnelle des secteurs particulièrement touchés par les TMS et une campagne radio du 19 au 30 avril.
source: ministère du travail

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