Par Soizick Berthelot actineo

L’accroissement du temps de travail sur écran engendre une augmentation de la charge mentale, mais aussi des modifications des postures qui peuvent être identifiées et donc mesurées physiologiquement.

Le graphique suivant détaille le temps moyen par activité (par minute et par jour) relevé auprès de 1785 personnes au Centre National d’Etudes Spatiales de Toulouse en Juin 2003.

On constate que l’arrivée des nouveaux modes de communication (E-mail), palm pilot, le développement d’Internet, l’augmentation de la gestion électronique… amène l’ensemble du personnel à passer plus de 4 heures par jour (50 % de son temps) à travailler sur écran.

Source : Etude réalisée par le CNAM auprès de 1785 personnes au centre national d’études spatiales de Toulouse. Juin 2003

Chaque activité peut être exprimée par la posture adaptée par les utilisateurs:
-Etre assis face à l’écran avec une main sur la souris : il faut noter l’augmentation significative des cervicalgies depuis quelques années (vraisemblablement attribuée à l’usage prolongé de la souris et à la posture statique adoptée).

-Etre assis face à l’écran avec une ou deux mains sur le clavier.
Les statistiques montrent que 3 utilisateurs sur 4 ont ou ont eu des problèmes de dos attribués à une posture inadaptée et/ou prolongée. On peut comparer la posture du poste de travail sur écran à celle du conducteur de voiture et donc préconiser également des pauses :
– Yeux accrochés à l’écran comme à la route
– Mains fixées sur le clavier comme sur le volant
– Dos calé dans le siège

-Etre assis souvent avec un angle tronc-cuisses proche de 90° et deux mains sur le plan de travail ou avec les deux mains proches du corps pour tenir les documents.
Cette dernière position permet d’ouvrir généralement l’angle tronc-cuisses, si l’opérateur possède un siège avec un dossier réglable et s’il souhaite se mettre en position de détente.

-Etre assis souvent avec un angle tronc-cuisses proche de 90° et deux mains sur le plan de travail, c’est à dire avec une rigidité dorsale moins grande que lors du travail sur écran puisque les membres et l’axe du regard sont plus libres.

-Etre assis en parlant face à face à un interlocuteur, qui lui peut être assis ou debout. Cette position génère une orientation de la tête conditionnée par le regard vers son interlocuteur.

-Etre assis en tenant le téléphone, par une main ou de plus en plus en callant le téléphone entre l’oreille et l’épaule (tête très penchée). En effet on constate que souvent les opérateurs cherchent des informations en téléphonant et doivent donc libérer leurs mains. Apparition des casques et de plus en plus fréquente et recommandée pour les opérateurs utilisant beaucoup le téléphone.

-Etre assis au bureau ou autour d’une table de réunion. Si l’opérateur reste à son propre bureau, il aura tendance à conserver ses postures habituelles, en gardant un œil sur son écran, une proximité avec son téléphone… Les postures adoptées autour d’une table ne sont généralement pas figées pendant les réunions, ce qui permet aux opérateurs une liberté de mouvements.

-Etre assis dans le bureau de son interlocuteur face à lui, ne permet généralement pas de poser les documents. On constate que souvent les bureaux ne sont pas configurés pour accueillir un deuxième travailleur sur le plan de travail, et que le visiteur n’ose généralement pas « pénétrer le territoire » de la personne qui l’accueille. Les postures adoptées autour d’une table ne sont généralement pas figées pendant les réunions, ce qui permet aux opérateurs une liberté de mouvements et une appropriation du plan de travail.

Se détendre et adopter une posture de soulagement différente que celle que l’on adopte généralement.

-etre debout et en mouvement, c’est à dire en posture de relâchement et de détente de la colonne vertébrale. Rappelons que c’est debout et en mouvement que la colonne vertébrale trouve se forme de référence et de repos. « L’homme est fait pour être debout et en mouvement ».

Les entretiens et les observations révèlent la grande fréquence avec laquelle une activité en cours peut être interrompue que ce soit par un appel téléphonique, une demande de renseignement, un visiteur…

On note également des difficultés de concentration plus importantes du fait des « dérangements » plus fréquents, ces difficultés seront d’autant plus importantes que l’opérateur sera en espace collectif sans pouvoir s’isoler. On rencontre donc de plus en plus de cadres qui emportent du travail chez eux pour le réaliser dans de bonnes conditions.

Nous avons vu que la posture adoptée dépendait de l’activité exercée par l’opérateur. En effet on sait qu’elle est distribuée dans l’espace par les lieux où l’action est nécessaire. C’est à dire par le lieu de la présentation de l’information nécessaire d’une part, et par les zones d’actions pour transformer l’activité.

Le nombre de personne travaillant dans le secteur tertiaire, et ayant une activité « de bureau » représente 72 % des actifs en 2001 (meme si l’activité ne représente pas 100 % du temps). Contrairement à ce que l’on croit souvent, le secteur tertiaire n’est pas une invention récente. La société française à eu très tôt besoin de services. En 1800, à l’aube de la révolution industrielle, les travailleurs impliqués dans les activités de services représentaient un quart de la population active et près d’un quart de la production nationale. Mais c’est l’émergence de la société de consommation dans les années 50 et 60 qui lui à donnée son importance actuelle.

La majorité des personnels travaille en position assise sur des plages de temps relativement longues.

Les méfaits de la position assise prolongée sont assez bien identifiés :

– en position assise, les muscles du tronc, du cou et des épaules sont en position fixe. Le maintien de cette position comprime les vaisseaux sanguins dans les muscles, ce qui nuit à la circulation du sang dans les muscles ; cet apport sanguin insuffisant accélère l’apparition de la sensation de fatigue et rend les muscles plus vulnérables.
– Le fait de demeurer assis pendant de longues périodes réduit les mouvements du corps, ce qui rend les muscles plus vulnérables à des étirements, des crampes ou des élongations lorsqu’ils sont soudainement détendus.
– Les disques de la colonne vertébrale sont constamment comprimés ce qui nuit à leur nutrition et contribue à leur dégradation prématurée.
– La pression exercée sur la face antérieure des cuisses (lorsque le siège est haut) peut causer une compression qui cause elle-même un engourdissement des jambes.
– Le manque d’exercice contribue à la dégradation de la forme physique, à la diminution de la capacité cardiaque et pulmonaire et favorise l’apparition de trouble de la digestion.

Par Soizick Berthelot actineo

Publicités