bel article de synthèse de Mr Christophe Rey, Psychologue du travail :

extrait :

« Pour démarrer un plan d’actions sur le stress au travail, nous vous conseillons de mener votre réflexion et vos actions à travers plusieurs étapes.

La première étape : « définir qui va travailler sur ce sujet »

Un sujet comme le stress professionnel doit être traité avec différents acteurs de l’entreprise ayant des regards différents sur la problématique : chargés des ressources humaines, spécialistes de la santé et du social, chargés de l’hygiène, sécurité et environnement, délégués ou représentants du personnel, et la direction.

Pour que des acteurs aussi différents puissent collaborer ensemble, il est nécessaire de constituer un groupe de travail. Nous recommandons de nommer un chef de projet en interne qui est le référant pour ce groupe. De plus, il est parfois nécessaire de faire appel à une personne extérieure à l’entreprise qui a l’habitude de superviser ce genre de groupe, de former les participants et de garantir une méthode de travail sur le thème des risques psychosociaux.

La deuxième étape : « définir comment travailler ensemble »

Une fois le groupe de travail constitué, il faut définir un code de conduite de façon très précise qui doit être adopté à l’unanimité. Ce code de conduite devra spécifier de façon claire « comment collaborer » et « quels sont les objectifs de ce groupe ».

La troisième étape : « professionnaliser les membres du groupe »

Cela passe souvent par une formation sur les risques psychosociaux et le stress au travail. Ce genre de formation doit être bâti avec des professionnels maîtrisant bien le sujet et connaissant les pièges à éviter sur ce genre de projets. La formation permet :
– De garantir le choix d’un vocabulaire commun (rien que le terme « stress professionnel » peut-être défini de façon très différente)
– D’avoir le même niveau de connaissance pour tous les membres du groupe de travail
– D’améliorer la cohésion et le niveau de collaboration dans le groupe
– De trouver un accord sur les actions à mettre en place et dans quelles conditions
– De disposer d’un professionnel connaissant les bonnes pratiques dans ce domaine

La quatrième étape : « faire l’état des lieux »

Un état des lieux peut se faire avec :
– Un questionnaire interrogeant le niveau de stress (attention à bien utiliser des questionnaires validés statistiquement et fiables)
– Des outils de diagnostics faciles à utiliser et à mettre en place par des membres du groupe formés à ces techniques
Il arrive souvent que des entreprises utilisent des questionnaires pour faire le point. A la base, l’idée est bonne. Toutefois, ce n’est pas la meilleure option pour toutes les situations. Le groupe de travail doit s’interroger sur la solution la plus adaptée au contexte de son entreprise et aux objectifs définis.
Suite à cet état des lieux, il est possible d’identifier les populations concernées et les actions correctives à mener.

La cinquième étape : « définir des actions pour agir contre le stress »

Plusieurs actions peuvent être menées selon les résultats de l’étape quatre afin de réduire le plus possible le stress.
Nous distinguons trois niveaux d’actions :
– Les actions de premier niveau sont des actions de corrections. Elles visent à avoir une influence sur les sources de stress professionnel. Par exemple, pour un service après vente, il a fallu réorganiser la gestion des flux des clients qui avait été pensée pour un nombre inférieur de clients et de demandes. Ceci a permis de diminuer la pression ressentie par les agents techniques qui réceptionnent les clients en se sentant moins « agressés » et « mis sous pression » à chaque demande. Comme les agents techniques sont moins stressés, ils peuvent traiter et transmettre les commandes aux techniciens en backoffice sans leur transmettre de stress. Le climat dans le service s’est détendu, le service a gagné en efficacité (qualité et quantité de travail).
– Les actions de deuxième niveau sont des actions de formation. Elles ont pour but d’augmenter les compétences de chacun pour faire face au stress : dans l’exemple ci-dessus il a fallu former l’équipe à la gestion de clients agressifs afin que ces situations ne soient plus source de stress pour l’équipe.
– Les actions de troisième niveau sont des actions mises en place en cas de stress avéré ou lorsque une situation est trop conflictuelle. Elles sont curatives : accompagnement individuel de type coaching, médiation, soutien d’équipes… Efficaces à court terme, elles sont quasiment inutiles si les sources de stress ou de conflits ne sont pas résolues à la base. »

le suite ici

Publicités