Faut-il travailler moins pour venir à bout de la crise ?

On le croyait ‘has been’, définitivement dépassé depuis que la loi de modernisation sociale votée à l’été 2008 avait permis aux entreprises de s’affranchir des 35 heures de travail hebdomadaires (sous réserve d’un accord avec les syndicats ou représentants de leur personnel).

Le concept de réduction du temps de travail a pourtant connu une deuxième jeunesse en 2009 .

Mieux encore, les principaux artisans de ce retour en grâce ont été…  les patrons eux-mêmes !

Que ceux qui croient à un revirement idéologique soudain ou à une crise de schizophrénie du patronat se rassurent, il n’en est rien. Car si retournement de tendance il y a bien eu du côté des milieux d’affaire, en France comme à l’étranger, celui-ci était uniquement dû à la conjoncture. Et oui, quand la crise bat son plein, que les carnets de commande sont vides et que les stocks débordent, mieux vaut réduire le temps de présence des ouvriers dans les usines que de procéder à de lourds plans sociaux, qui en plus d’être couteux socialement et économiquement, pourraient compromettre le bon redémarrage de la production quand la reprise sera là…

Cet inattendu plébiscite ne serait-il que le chant du cygne d’un concept passé en quelques années du statut de noble choix de société à celui de vulgaire solution tactique anti-crise ?

Non, selon la New Economics Foundation. Des chercheurs de la cellule de réflexion britannique suggèrent de faire passer la semaine de travail à 21 heures. Travailler moins n’est pas une menace, prétendent-ils, mais une occasion d’améliorer la qualité de vie.

Je me demande vraiment si ils ont étudier notre système des 35 H ?

La proposition de la New Economics Foundation fait d’emblée figure d’hérésie. Mais selon elle, plusieurs facteurs nous poussent irrémédiablement sur la voie d’une réduction des prestations hebdomadaires. Vous vous demandez certainement quels sont ces facteurs.

1. La crise financière et ses effets néfastes persistants pour notre économie.

2. La communauté dont une partie des membres est acculée par le chômage et l’autre travaille trop et trop longtemps.

3. La nécessité de mettre un frein à la surconsommation.

4. Le besoin ressenti par un nombre croissant de personnes de bénéficier d’une meilleure qualité de vie, y compris en dehors du travail.

“Nombreux sont ceux qui vivent pour travailler, qui travaillent pour gagner leur vie et qui gagnent leur vie pour consommer. Notre comportement de consommation nous amène au gaspillage des ressources naturelles de la planète”, explique Anna Coote, co-auteur du rapport.

« Travailler moins pour être meilleur employé »

“En consacrant moins de temps au travail rémunéré, on peut rompre ce schéma. Nous aurions plus de temps pour être de meilleurs parents, de meilleurs concitoyens, pour mieux nous occuper de nos proches, etc. Ce qui nous encouragerait par la même occasion à être de meilleurs employés : travailler moins, mais de façon plus efficace, en déployant plus d’énergie et donc en étant plus productif. Il est temps de reprendre notre vie et notre travail en mains pour contribuer à un avenir durable. ”

Licencier du personnel pour réaliser des économies, cela signifie que certains croulent ensuite sous la surcharge de travail, disent les chercheurs, tandis que d’autres perdent leur gagne-pain et sont tributaires d’une allocation de chômage.Une polarisation extrême sur le marché du travail, associée à la multiplication des heures de travail (rémunéré), place donc les activités non rémunérées au second plan : la famille, le volontariat, les amis, s’occuper des autres. Et cette situation exerce de nombreux effets négatifs sur la communauté, qui s’endurcit.

Le rapport envisage donc de revoir la semaine de cinq jours – présentée comme un vestige de la révolution industrielle. Les avantages selon eux sont nombreux : une semaine de 21 heures permettrait notamment de répartir plus équitablement le travail rémunéré parmi la population active et par conséquent de réduire les méfaits du chômage, des horaires de travail trop pesants et de la course contre la montre.

« On devrait pouvoir répartir le travail payé et non payé de façon plus équitable entre hommes et femmes. Plus la répartition sera équitable, plus les inégalités salariales diminueront, entraînant à leur tour une réduction de toute la clique de problèmes sociaux qui en découle. »

Dans un monde idéal peut être ..mais cette approche met de coté l’augmentation du cout de la vie, le fait que les personnes devront certainement chercher un second emploie pour compenser la perte de salaire et que cela représentera  une double source de stress et de fatigue .

source:

http://www.neweconomics.org/sites/neweconomics.org/files/21_Hours_0.pdf

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