Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent aujourd’hui l’une des questions les plus préoccupantes en santé au travail. Ils constituent la première cause de morbidité liée au travail, morbidité de surcroît largement sous-estimée par les statistiques de maladies professionnelles, notamment du fait de la sous-déclaration.

En 2008 près de 40.000 personnes souffrant de TMS ont été indemnisées par l’Assurance Maladie pour un coût estimé de près de 800 millions d’euros.

Ce phénomène n’est pas propre à la France. En 2005, le premier problème de santé imputé au travail dont souffrent les travailleurs de l’Union européenne sont les douleurs rachidiennes, des épaules ou des membres, et les TMS occupent la première place des maladies professionnelles reconnues dans plusieurs pays d’Europe. Le programme de surveillance épidémiologique des TMS, mis en oeuvre depuis 2002 dans les Pays de la Loire, a permis de décrire plus précisément cette épidémie à l’échelle de l’ensemble de la population active, d’estimer le poids de l’activité professionnelle dans leur survenue, mais aussi de mieux connaître le devenir médical et professionnel des sujets atteints de TMS. Les données des Pays de la Loire seront bientôt enrichies par celles des régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Îlede- France. La mobilisation autour de cette question s’est beaucoup développée ces dernières années et devra se maintenir face à ce défi de la santé au travail que représentent les TMS.

  • Le syndrome du canal carpien (SCC) représente l’un des problèmes de santé liés au travail les plus fréquents. Il occupe le premier rang des maladies professionnelles indemnisées du régime général de la Sécurité sociale. Dans le cadre du programme de surveillance épidémiologique des troubles musculo-squelettiques (TMS) mis en oeuvre en 2002 à titre pilote, le SCC a été retenu comme traceur des TMS du membre supérieur. Ce programme associe plusieurs approches complémentaires pour décrire la situation épidémiologique du SCC : estimation de l’incidence et de la part des cas attribuables à l’activité professionnelle en population générale, estimation de la prévalence en population salariée. L’incidence annuelle du SCC opéré estimée dans le Maine-et-Loire s’élevait à 2,7 pour 1 000 femmes et 1,2 pour 1 000 hommes. La prévalence du SCC estimée sur un échantillon de salariés de la région s’élevait à 4,0% chez les femmes et 2,4% chez les hommes, se situant au 2e rang après le syndrome de la coiffe des rotateurs à l’épaule. La part des cas attribuables au travail est particulièrement élevée parmi les ouvriers et ouvrières et parmi les employées. Ces indicateurs ont été estimés selon la profession et le secteur d’activité, permettant d’identifier ceux sur lesquels les actions préventives devront être mises en oeuvre de façon prioritaire.
  • La participation de 83 médecins du travail volontaires a permis d’inclure par tirage au sort un échantillon de 3 710 salariés lors de la visite médicale périodique entre 2002 et 2004. Des données médicales et d’exposition professionnelle ont été recueillies par auto-questionnaire. Le diagnostic des principaux TMS des membres supérieurs a été porté par les médecins du travail selon une démarche clinique standardisée.

Résultats – Dans cet échantillon, 194 étaient intérimaires, des ouvriers en grande majorité (88%). Les résultats présentés ici concernent les comparaisons des 171 ouvriers intérimaires aux 1 412 ouvriers non intérimaires. Les prévalences des symptômes musculo-squelettiques et des TMS n’étaient pas significativement plus élevées chez les ouvriers intérimaires, excepté pour la ténosynovite de De Quervain (3,5% vs. 1,4%). En revanche, les intérimaires étaient significativement plus exposés aux facteurs de risque professionnels de TMS. Conclusion – Malgré une surexposition des ouvriers intérimaires aux facteurs de risque de TMS, la prévalence des symptômes et des TMS, bien qu’élevée, n’est dans l’ensemble pas supérieure à celle observée chez les autres ouvriers. Ce résultat peut s’expliquer partiellement par l’âge en moyenne moins élevé des intérimaires.

  • La prévalence des lombalgies au cours des 12 derniers mois était élevée, davantage chez les hommes (59%) que chez les femmes (54%). Une prévalence élevée de douleurs quotidiennes est, pour les hommes, observée principalement parmi les employés et agents de service de la fonction publique et les ouvriers et, pour les femmes, parmi les ouvrières. Les ouvriers et les employés civils et agents de service de la fonction publique étaient les professions les plus exposées aux facteurs de risque lombalgique.

source : INVS  (Institut  Nationale de Veille Sanitaire)

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