Vue dans le figaro ce bel article de Caroline Beyer :

http://www.lefigaro.fr/entreprise/2010/02/08/05011-20100208ARTFIG00468-stress-les-bonnes-pratiques-des-entreprises-.php

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Areva, Armor, PSA ou Sodexo : quatre exemples, dans des secteurs différents, d’entreprises qui n’ont pas attendu l’appel du gouvernement pour lutter contre les risques psychosociaux.

Améliorer la qualité de vie chez Areva

Comme l’automobile, le secteur du nucléaire est habitué aux risques physiques. «Ce qui nous donne déjà une base méthodologique», reconnaît le docteur Alain Acker, directeur médical d’Areva. «Pour autant, la politique mise en place tient avant tout à l’engagement de la direction générale.» Nommé il y a quatre ans directeur médical, Alain Acker a été chargé d’élaborer et de déployer, au niveau national, une politique santé, auparavant délocalisée sur les différents sites du groupe. Celle-ci est déclinée autour de trois axes : la santé au travail (principalement axée sur les risques physiques, la santé publique et durable, et l’amélioration des conditions de vie. Ce dernier volet, qui inclut la prévention des risques psychosociaux sera déployé cette année. Déjà largement engagé les problématiques de qualité de vie, le groupe dirigé par Anne Lauvergeon prévoit l’ouverture de crèche, de salles de sport, de conciergeries.

Quant aux incitations ministérielles sur la question précise du stress, le groupe déclare «déployer un accord dans les prochaines semaines. Le dialogue avec les partenaires sociaux est largement entamé», précise Alain Acker. Il y a deux ans, Areva a mis en place des enquêtes pour détecter les problèmes en amont, ainsi qu’un dispositif d’écoute de ses salariés par des psychologues du travail, couvrant une vingtaine de gros sites.

Armor, une PME très active

Société spécialisée dans la chimie des encres, Armor n’a pas attendu les incitations ministérielles pour s’emparer de la question des risques psychosociaux. Pourtant avec 600 salariés en France (1 500 dans le monde) cette grosse PME nantaise, aux 150 millions d’euros de chiffre d’affaires n’était pas concernée par la demande gouvernementale qui ne s’applique qu’aux structures de plus de 1 000 personnes.

Il y a cinq ans, elle a pris le sujet à bras-le-corps dans le cadre d’une démarche globale autour du développement durable, comprenant notamment le développement humain. «Nous avions relevé un taux d’absentéisme jugé trop élevé et une montée en puissance des troubles musculo-squelettiques», explique Christophe Derennes. Directeur du pôle de compétences industriel «transfert thermique» de la société, il chapeaute le principal site industriel de la société, à La Chevrolière, soit 450 salariés. Rappelons que les TMS   causés par des postures de travail extrêmes, des gestes répétitifs, des facteurs psychosociaux, principalement le stress…  sont la première cause de maladies professionnelles en France.

Armor a donc instauré les «matinales du lundi», un espace participatif pour ses salariés. «La direction consacre quatre heures par semaine à leur écoute. Le but étant de donner un sens au travail de chacun», explique Christophe Derennes. Armor s’attache aussi à mettre en avant et à généraliser les bonnes pratiques déployées sur le terrain par les salariés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : «En cinq ans, le taux d’absentéisme a baissé de 5 %. Il est aujourd’hui de 4,5 %. Les accidents du travail ont été divisés par 10 et les jours d’arrêt dus à ces accidents par 20.»

Dernier volet en date du dispositif : une action pour les 70 personnes de l’« activité découpe », ces salariés aux 3-8, soumis à des gestes répétitifs. À partir de mars, des exercices d’échauffement de 10 minutes, encadrés par un professeur, leur seront proposés pour se préparer physiquement et mentalement. En fin de journée, ils auront aussi droit à des étirements, en dehors du temps de travail. «Si ce dispositif est un succès, il sera généralisé », ajoute Christophe Derennes.

Un accord sur le bien-être au travail chez PSA

Un numéro vert permettant «aux collaborateurs qui en ressentent le besoin d’aborder avec un psychologue tous les sujets d’ordre professionnel ou personnel pouvant occasionner un sentiment ou un situation de mal être» : PSA propose ce service -confié à la société Psya- depuis 2007, après plusieurs suicides sur son site de Mulhouse. Depuis plus de trois ans, le constructeur automobile multiplie les initiatives sur les risques psychosociaux. Questionnaires, boîtes aux lettres, sensibilisation des RH et de la hiérarchie… Tout ceci a été formalisé dans un accord signé en octobre dernier.

Le groupe intègre cette prévention du stress dans une démarche plus globale de bien-être au travail. PSA a ainsi signé avec l’Etat une charte de prévention contre les violences conjugales. Preuve que les frontières entre vie privée et vie professionnelle se font de plus en plus floues.

Parallèlement, le groupe de 104 000 salariés en France dont 82 000 dans la division automobile- travaille depuis des années sur la réduction des sollicitations physiques, source de troubles musculo-squelettiques. Objectif : arriver d’ici à 2012 à une proportion de 60 % de postes dits «légers», contre 56 % aujourd’hui.

Bon élève, PSA devrait intégrer la colonne verte de la classification du Ministère du travail.

Les «vigies» de Sodexo

Chez Sodexo, Philippe Boulenger, directeur de la prévention des risques au travail, a été chargé en 2006 de coordonner la politique de sécurité pour les 25 000 salariés, répartis sur 3 000 sites. Tableau de bord de l’accidentologie, mise en place d’outils pour améliorer la sécurité et questionnaires à destination des responsables de sites ont constitué la phase de diagnostic. «Désormais, l’encadrement suit des formations aux problématiques du stress, explique Philippe Boulenger. Les salariés ont créé de leur côté l’association  Écoute et Vigilance, un canal alternatif, indépendant de l’entreprise». Fondée en septembre, l’association compte 11 vigies qui font de l’écoute téléphonique.

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