Carrefour France (hypermarchés) va lancer une étude pour mesurer le niveau de stress des ses salariés qui sera conduite dans quatre établissements et dont les résultats devraient être rendus au printemps 2010, a-t-on appris jeudi auprès de la direction et des syndicats.
Cette mission d’évaluation visant à « mieux identifier les facteurs de stress et à adapter le fonctionnement de l’entreprise pour les gérer », a été confiée au cabinet Stimulus, a précisé le service communication de Carrefour France, qui emploie 75.000 salariés au total.

« C’est une énième étude sur le stress, pour laquelle les organisations syndicales n’ont pas été consultées, ni sur le choix des magasins, ni du cabinet d’étude, ni sur la méthodologie retenue, ni sur les questions », a déploré une déléguée CGT siégeant à la commission nationale sécurité et santé au travail de l’entreprise.
« En 2007, il y avait déjà eu une étude de ce cabinet; finalement, on nous dit que le niveau de stress est similaire ou inférieur à d’autres entreprises et il y a des recommandations comme « +égayer les salles de pause ou améliorer l’ergonomie des sièges des caissières+ mais le mal est beaucoup plus profond », a ajouté la déléguée.

Interrogée sur le nombre de suicides recensé dans le groupe Carrefour France, la déléguée CGT a indiqué « ne pas avoir de statistiques nationales ». « Il y a en revanche de plus en plus d’absentéisme, de troubles musculo-squelettiques, d’arrêts de travail », a-t-elle affirmé.
La direction fait état de 4 suicides en 2007, 6 en 2008 et 7 en 2009 parmi son personnel.
« Carrefour poursuit une démarche entamée il y a plusieurs années sur les risques psycho-sociaux, il y avait déjà eu une étude sur le stress en 2007 qui avait démontré un niveau équivalent ou inférieur à d’autres secteurs et maintenant des modules sur ce thème sont intégrés aux formations », a commenté le service communication.
Selon Michel Enguelz, délégué central FO, la nouvelle étude se fera sur la base du volontariat parmi les quelque 1.600 salariés des magasins d’Aire-sur-Lyce (Pas-de-Calais), Vénissieux (Rhône), Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), et Anglet (Pyrénées-Atlantiques) qui devront répondre à un questionnaire.

copyright :afp

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