Comundi a lancé une enquête avec pour objectif de connaître la perception des salariés des entreprises privées et des établissements publics sur leur bien-être au travail : sont-ils heureux au travail, quels sont les facteurs de bien-être ou les éléments qui peuvent entraver l’équilibre entre la vie personnelle et professionnelle ?

Alors heureux ?

70% des répondants se déclarent heureux au travail, ce qui signifie que presque un tiers se déclarent plutôt pas heureux, dont 5% pas du tout heureux au travail. Cela représente une part non négligeable qui peut s’expliquer au vu du contexte social et économique actuel. Pour nuancer, les managers se sentent plus heureux que les non managers. Ils sont encore plus nombreux (73%) globalement à être satisfaits de leurs conditions de travail.

Le salaire n’est pas le 1er facteur de bien-être au travail

Surprise : le salaire n’est pas le principal facteur de bien-être au travail, il arrive même en huitième position. Les personnes interrogées privilégient l’intérêt et le contenu du travail, puis l’ambiance de travail, ce qui prouve l’importance des bonnes relations entre collègues. Viennent ensuite l’équilibre vie pro et vie perso, la reconnaissance professionnelle, la relation managériale, le niveau de responsabilités et les évolutions, et enfin le sens du travail.

Concernant l’ambiance de travail, la majorité des répondants la définissent comme dynamique, chaleureuse et confiante.

En revanche, on note un bémol sur la solidarité et la sérénité : entre collègues, les relations sont parfois individualistes et tendues. Et avec son manager ? En moyenne, les personnes interrogées affirment que les relations avec les managers sont caractérisées principalement par la confiance et la prise de responsabilité.

Equilibre vie pro/vie perso : peut mieux faire

Une autre bonne nouvelle : 79% des répondants déclarent réussir à concilier vie professionnelle et vie personnelle, ce qui laisse encore 20% d’entre eux qui ont des difficultés à tout mener de front. Les managers en particulier semblent davantage souffrir d’un déséquilibre vie pro/vie perso. De la même manière, les répondants du secteur privé ont plus de mal à trouver cet équilibre que ceux du secteur public.

Stress et gestion du temps, sources de tensions

Le stress et l’anxiété au travail sont les 1ers éléments qui viennent entraver l’équilibre vie pro/vie perso pour 68% des répondants. Effectivement, ces troubles ressentis au travail peuvent perturber le bien-être personnel (troubles du sommeil, maux physiques, relations tendues…).

La surcharge de travail est le 2e facteur de déséquilibre (60%) car cela peut accroître le stress, la fatigue, et allonger les horaires.

Viennent ensuite le temps de trajet et la mauvaise gestion du temps qui apparait comme une problématique importante au travail pour 74% des répondants. Et c’est sur ce thème de la gestion du temps et l’organisation du travail que la majorité des personnes interrogées souhaiteraient progresser et se former pour se sentir mieux dans leur poste et mieux concilier vie pro et vie perso. Les répondants souhaitent également s’améliorer dans leur capacité de négociation et la communication interpersonnelle.

Fatigue et mal de dos, les troubles les plus fréquents

59,2% des répondants ne ressentent pas de troubles physiques au travail. Toutefois, 41% en ressentent, et de manière légèrement plus significative pour les non-managers et les répondants du secteur public. Les troubles physiques les plus cités sont la fatigue (51%), le mal de dos (47,8%), les yeux fatigués (33%) et les maux de tête (26%).

Quant aux solutions pour se sentir mieux physiquement au travail, les répondants placent nettement en tête la relaxation et les massages, moyens qui leur permettraient de mieux gérer leur stress, se sentir en meilleure forme et prévenir le mal de dos. Puis, l’aménagement ergonomique du poste de travail, qui permet aussi de réduire le mal de dos, la fatigue des yeux, ainsi que la salle de sport et la sieste pour éviter la baisse d’énergie dans l’après-midi.

Des actions jugées encore timides dans les entreprises

40% des répondants déclarent que leurs établissements n’ont mis en place aucune action pour contribuer au bien-être et à la prévention des risques psychosociaux. Ce chiffre paraît très important au vu de l’actualité et des évolutions réglementaires en matière de prévention du stress. Cette absence d’actions est plus présente dans les secteurs privé et associatif. L’écart se creuse très nettement quand on compare les établissements de moins de 500 salariés et ceux de plus de 500 salariés : les grosses structures mettent en place plus de mesures que les petites.

Pour ceux qui ont mis en place des actions, les premières concernent la formation à la gestion du stress et des priorités, l’aide individuelle aux salariés (rendez-vous avec le médecin du travail, psychologue …), l’adaptation des horaires. On remarque donc que les actions sont principalement centrées sur l’individu.

Viennent ensuite les actions collectives telles que l’évolution du mode de management et l’amélioration des organisations de travail. A noter que 6% des répondants bénéficient de cellule d’écoute. On peut imaginer que peu à peu les actions collectives, préconisées par les spécialistes, vont rattraper les actions individuelles.

En revanche, ces actions ne sont pas jugées efficaces par une majorité de répondants. Seulement, 3% des répondants perçoivent ces actions comme très efficaces. Il est très difficile d’apporter une entière satisfaction en matière de bien-être au travail. De plus, de nombreux projets sont en cours avec notamment des enquêtes qui sont menées au sein des structures ; donc les actions n’ont pas encore été lancées.

En conclusion :

La majorité des répondants se sentent heureux dans leur cadre professionnel, bénéficient de bonnes conditions de travail et réussissent à concilier vie pro et vie perso. Cependant, 30% déclarent se sentir pas heureux, ce qui représente une part importante de personnes en situation difficile.

Leur bien-être au travail passe essentiellement par l’intérêt et le contenu de leurs missions, mais l’ambiance est également un facteur jugé important.

Ils souhaiteraient pour la plupart améliorer leur gestion du temps et du stress, vécus comme un frein à leur performance au travail et à leur équilibre vie pro/vie perso.

60% des établissements mettent en place des actions pour le bien-être des salariés, notamment à travers des formations en gestion du stress.

Un grand nombre de répondants suggèrent l’amélioration des organisations de travail, la formation des managers ainsi que la sieste et la relaxation pour améliorer leur bien-être.

La formation est vue comme étant une composante majeure de l’amélioration de la prise en compte de ces risques : formation des individus à la gestion du stress, management, développement personnel et formation des responsables de la santé au travail.

Le sujet reste donc très complexe pour les entreprises: la prise en compte est une avancée majeure mais il faut désormais développer les méthodes de prévention.

Méthodologie de l’enquête

Enquête réalisée par Comundi du 30 novembre au 7 décembre 2009 – 2 596 personnes ont répondu à l’enquête par e-mail.

Typologie des répondants : Une majorité de : Femmes (70%), Cadres (66%) âgées entre 35 et 54 ans (63%), du secteur privé (64%), travaillant à temps plein (89%).

Equilibre entre : Managers (50%) et non managers (50%) – Etablissements de moins de 500 salariés (55%) et de plus de 500 salariés (45%).

Source : Comundi

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