Mauvaise nouvelle pour les hommes gris, sérieux et austères. L’humour est un levier puissant pour améliorer la performance des entreprises.

An angry businessman with a cake

Une étude menée par un universitaire tout ce qu’il y a de plus… sérieux bien sûr.

On savait que le rire est le propre de l’homme. Si on en croît l’étude d’ampleur menée par Marco Sampierto de la sérieuse et réputée Bocconi School of Management, le rire peut être sinon un facteur clé de succès, du moins un ingrédient indispensable d’un management efficace. Il nous explique comment.

Alors que l’humour occupe une place fondamentale dans nos vies, l’univers du travail l’ignore.

Pourtant, nous passons une part importante de notre vie à travailler. Si on exclut le sommeil, le travail représente plus de la moitié de nos vies.

Cela a conduit à chercher si un lien pertinent pouvait être établi entre business et humour.

Propos receuillis par Christophe Bys (usine  nouvelle) :

Vous avez été consulté par la NASA. Est-ce parce que les astronautes ne rient pas assez ?
Marco Sampierto:
Je n’ai pas été consultant, mais j’ai fait une intervention à leur project management conference. Mon discours a rencontré un certain écho. Plus de 200 personnes étaient présente. J’ai découvert qu’il y avait à la Nasa beacuoup de personnes dotés d’un solide sens de l’humour. Ces ingénieurs travaillent en permanence sur les procédés et les processus. La dimension technique oublient parfois la dimension humaine. C’est ce qui les a intéressé dans mon approche.

Dans votre article « humor as a tool to develop organiszations », vous avez montré que l’humour à des effets positifs. N’est ce pas tout simplement parce qu’une équipe où l’on peut rire est une équipe où les gens se sentent bien ?

Bien sûr, mais l’humour peut être aussi utilisé dans un autre contexte. Quand il ya des tensions au sein d’une équipe, ce peut être un moyen efficace de changer de perspective, de changer la façon dont on aborde le problème. L’humour sert aussi à changer les dynamiques habituelles. Ce n’est pas seulement le produit de bonnes relations, car n’oubliez pas que l’humour est parfois une façon d’exprimer son hostilité sans ouvrir un conflit ouvert.

Votre prochaine étude s’intéresse à l’influence de l’humour sur la cohésion des équipes ? Quelles sont vos conclusions, une équipe qui s’amuse est elle meilleure ?

Mes travaux précédents ont établi que des salariés qui s’amusent ne sont pas antinomiques avec la recherche de la performance. L’inverse est aussi vrai. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’une équipe où l’humour est présent obtient toujours de meilleurs résultats. Mais l’humour a des effets positifs sur les équipes, effets qu’on sous estime trop.

L’économie mondiale connaît une crise d’ampleur. Davantage d’humour pourrait aider les entreprises à s’en sortir ?

Du strict point de vue humain, avoir le sens de l’humour dans une situation critique est positif car cela permet de relativiser la situation présente. Dans la vie des affaires, l’humour est un outil à considérer avec une limite : quand la situation est vraiment trop dure d’un point du vue humain. On ne va pas faire une plaisanterie à un collègue qui perd son emploi. Une fois qu’il est au chômage, l’humour peut être un moyen d’alléger sa peine.

Une fois l’humour introduit dans une entreprise, comment est-il possible d’arrêter ? N’est ce pas ça qui fait peur aux directions : ne pas pouvoir arrêter l’humour ?

Le maniement de l’humour est dangereux si on y fait appel sans intelligence de la situation. S’il peut améliorer la performance au travail, il peut aussi être nuisible. Dans une équipe qui réfléchit, faire une blague peut altérer grandement la concentration et donc la possibilité de trouver une solution. A l’inverse, si pendant la même séance, les gens présents font du surplace, tournant en rond autour d’idées erronées, s’ils n’arrivent pas à en formuler de nouvelles, une pause humour peut être très bénéfique, car elle rond le cercle vicieux. Elle aide les gens à se reposer et surtout elle les aide à voir le problème autrement. Un dernier point : il est important d’avoir des collaborateurs capable de faire la part des choses, d’intégrer les contraintes de profibitabilité tout en gardant un solide sens de l’humour. Ces salariés seront aussi bons, voire meilleurs que les autres. En plus, ils seront moins stressés et donc moins stressants.

Donc apres the best place to work

the best place to laugh ?

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